Indice entrepreneurial québécois 2022

Transfert d’entreprise ? Repreneuriat ?

Il faut le dire, le transfert d’entreprise est en soi un univers bien spécifique au sein de l’entrepreneuriat. Une spécialité, à vrai dire. Avec ses codes, son jargon (le glossaire de ce document en est la preuve !), ses experts, son histoire. Cette histoire québécoise du transfert d’entreprise se mesure sur de nombreuses décennies (voire des centaines d’années), et nous pouvons remercier les entreprises familiales à cet égard. Elles ont été les premières à se poser LA question cruciale : comment préserver et transmettre le patrimoine entrepreneurial de la génération précédente à la suivante ?

Cette notion de transmission est au cœur de leur vie organisationnelle et – comme le démontrent certains indicateurs de ce rapport – leur procure une certaine « longueur d’avance ». Puis l’accroissement du bassin d’entrepreneur(e)s et d’entreprises au Québec a ensuite rendu plus courant le fait de vouloir vendre / acheter une entreprise. Une dynamique davantage transactionnelle. Cet accroissement a ensuite favorisé l’émergence de pratiques, processus, recherches et initiatives pour répondre à une autre question cruciale : comment la transmission à la génération suivante peut être l’occasion de bâtir des entreprises plus fortes et plus innovantes ?

C’est ici que le mot « repreneuriat » prend alors tout son sens et apporte des nuances importantes. Au-delà du cadre commercial et transactionnel du transfert d’entreprise, il rappelle que ce sont des humains, des entRepreneur(e)s, qui sont au cœur de ce processus (pour transmettre et reprendre une entreprise). Et que cet « ADN entrepreneurial » que l’on attribue d’emblée aux créateurs d’entreprise se retrouve aussi chez ceux et celles qui veulent en reprendre une.

Enfin, au-delà des nuances que les experts et le corps scientifique peuvent apporter aux différents termes existants, cet Indice s’inscrit dans un seul objectif : rappeler l’importance de préserver le patrimoine entrepreneurial du Québec et de le transmettre à la prochaine génération.

Convergence du nombre de reprises et de transferts ?

En 2010, l’Indice avait produit une note de recherche sur le transfert d’entreprise « La relève est-elle au rendez-vous ? ». Nous verrons dans les pages suivantes que la réponse à la question « Avons-nous assez de personnes pour prendre la relève des entreprises qui seront vendues ou cédées au Québec ?» comporte beaucoup de nuances rendant l’équation difficile à résoudre. D’abord parce que la méthodologie de l’Indice a dû évoluer avec le temps (un calcul plus fin des personnes en démarches pour entreprendre ainsi que de celles qui se qualifient à titre de propriétaires d’entreprise), les bases de comparaison ne sont donc plus tout à fait les mêmes.

Ensuite, parce que le « paysage » de l’entrepreneuriat québécois, incluant le transfert d’entreprise, a énormément évolué dans la dernière décennie. Nous verrons dans le rapport de grandes forces socioéconomiques à l’œuvre et des tendances entrepreneuriales qui viennent enrichir et nuancer la lecture du transfert d’entreprises au Québec.

Alors que le Québec connait une vague de départs à la retraite de ses propriétaires d’entreprise mais aussi des changements profonds dans la génération montante de ses entrepreneur(e)s, l’enjeu de démystifier, promouvoir, soutenir et célébrer la reprise d’entreprises est l’un des plus grands défis entrepreneuriaux de cette décennie.

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