Gestion écologique des ressources humaines dans une entreprise familiale : une approche par ensembles flous
Comment les entreprises familiales peuvent rendre leurs RH plus vertes
Les entreprises familiales jouent un rôle majeur dans notre économie, et elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir réduire leur impact environnemental. Une étude réalisée auprès de 513 entreprises familiales au Québec (Paillé, Mejia, Cisneros, Sanchez-Famoso et Chouchane, 2024) s’est penchée sur une question précise: comment la gestion des ressources humaines peut-elle devenir un moteur de pratiques plus écologiques sans nuire à la performance financière? Les résultats montrent qu’il est tout à fait possible de faire les deux à la fois.
Un sujet qui touche directement le quotidien des PME familiales
On pense souvent que devenir plus « vert » exige de gros investissements ou des transformations complexes. L’étude montre plutôt que les entreprises familiales disposent déjà d’une force naturelle: leur culture axée sur la continuité, les relations humaines et la volonté de bâtir pour les générations futures. Cela les rend particulièrement aptes à intégrer des pratiques de gestion qui encouragent les comportements écoresponsables, comme la formation, l’implication du personnel ou l’adaptation des processus d’embauche.
La recherche en bref
Les chercheurs ont utilisé une approche d’analyse qui permet d’observer différentes combinaisons de pratiques. Ils ont découvert qu’il n’existe pas une seule façon de bien faire les choses, mais plusieurs « chemins » possibles.
Certaines entreprises obtiennent de bons résultats simplement en misant sur une pratique phare : par exemple, former les employés sur les enjeux environnementaux ou encourager leur participation aux initiatives vertes. D’autres préfèrent combiner plusieurs actions: reconnaître les efforts, ajuster les évaluations de performance, offrir des avantages liés à des comportements écologiques, etc.
Point important : les caractéristiques familiales (taille de l’entreprise, génération, présence de membres de la famille à la direction) influencent un peu les résultats, mais restent secondaires comparées au rôle direct des pratiques RH.
Les enseignements à retenir
Le message est clair : intégrer des pratiques de ressources humaines plus vertes n’est pas un frein au succès économique. Au contraire, cela peut devenir un atout stratégique.
L’étude montre aussi que les entreprises familiales n’ont pas besoin de tout transformer d’un coup. Elles peuvent choisir une seule pratique bien adaptée à leurs ressources ou bâtir graduellement un système plus complet. Cette flexibilité permet d’avancer concrètement vers des pratiques durables sans pression excessive, tout en envoyant un signal fort aux employés et à la communauté.
Ce type de démarche ouvre la voie à une culture RH où la performance économique et la responsabilité environnementale avancent réellement main dans la main.
Les auteur(e)s
Jorge H. Mejia, Ph.D,
Directeur La sphère – Centre de recherche appliquée en entrepreneuriat
Professeur agrégé HEC Montréal
Pascal Paillé, Ph.D
Professeur titulaire
NEOMA Business School
Valeriano Sanchez-Famoso, Ph.D
Professeur titulaire
Université du Pays basque (UPV/EHU)
Luis Cisneros, Ph.D.
Co-directeur Pôle entRepreneuriat HEC Montréal
Professeur titulaire HEC Montréal
Rahma Chouchane, Ph.D.
Professeure adjointe
Université Laval


