Entrepreneuriat immigrant au Québec

Aujourd’hui, les enjeux de diversité et d’inclusion dans les milieux de travail et dans le monde des affaires sont plus présents que jamais. À cet effet, le gouvernement du Québec s’est fixé des objectifs ambitieux pour la relance et la croissance économiques, notamment en renforçant des stratégies qui visent l’inclusion des femmes et des nouveaux arrivants dans le marché de l’emploi ainsi que dans la création ou la reprise d’entreprise. Ces objectifs s’articulent clairement avec la volonté gouvernementale de bâtir une économie du savoir basée sur les talents, la compétence et le savoir-faire, une économie qui tient compte du potentiel de tous les citoyens, notamment de ceux qui sont sous-représentés dans certaines sphères. Selon la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), « une économie de marché inclusive garantit à toute personne, quels que soient son genre, son lieu de naissance, ses antécédents familiaux, son âge ou d’autres circonstances sur lesquelles elle n’a aucun contrôle, une chance équitable d’accès au marché du travail, à l’entrepreneuriat et, plus généralement, aux occasions de développement économique et social ».

L’entrepreneuriat est une clé inéluctable de la prospérité et du développement économique du Québec, dont la riche histoire entrepreneuriale a donné naissance à des fleurons qui nous rendent fiers par leurs succès aux quatre coins du monde. Ces réussites et tous les efforts réalisés par les différents acteurs de l’écosystème entrepreneurial dans les dernières années ont réveillé chez les Québécois l’envie d’entreprendre. Dans cette perspective, il importe de se demander si notre écosystème entrepreneurial est inclusif.

Selon le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), environ 4 000 entrepreneurs immigrent chaque année au Québec, soit près de 36 500 personnes entre 2008 et 2017. Ces chiffres comprennent les entrepreneurs, les travailleurs autonomes et les investisseurs, qui représentent, ensemble, 19,5 % de l’immigration économique. De plus, il faut également considérer toutes les personnes immigrantes ayant un statut de résident temporaire (permis de travail, permis d’études, etc.) qui souhaitent se lancer en affaires au Québec. Ces individus sont des atouts considérables pour la croissance de l’économie québécoise. Cependant, les personnes immigrantes se heurtent à certains obstacles présents dans l’écosystème entrepreneurial, rendant leur parcours et leur désir de croissance et d’innovation plus complexes que ceux des natifs. De plus, la pandémie de COVID-19 a eu des répercussions sociales et économiques partout dans le monde, n’épargnant pas les entrepreneurs du Québec, y compris ceux qui sont nouvellement installés dans la province.

Nous avons entrepris l’écriture de ce rapport dans l’esprit de mieux comprendre la réalité des entrepreneurs immigrants, mettant en évidence leurs perceptions de l’entrepreneuriat, leurs besoins, leur place dans l’écosystème entrepreneurial et les obstacles avec lesquels ils doivent composer. Nous tentons de répondre à cinq questions :

  1. Quelle place les entrepreneurs immigrants occupent-ils dans les différentes étapes de la chaîne entrepreneuriale ?
  2. Quel est l’impact de l’entrepreneuriat des personnes immigrantes sur l’économie québécoise ?
  3. Quel effet a eu la pandémie de COVID-19 sur l’entrepreneuriat immigrant ?
  4. Quel est le portrait de l’état de santé des entrepreneurs immigrants au Québec ?
  5. Quelles sont les stratégies de soutien et d’accompagnement qui favoriseraient la relance économique, notamment pour l’entrepreneuriat des personnes immigrantes ?
 

Nous terminons ce rapport en émettant des recommandations visant à faire de l’écosystème un catalyseur plus puissant pour l’entrepreneuriat immigrant.

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